Beaucoup d’équipes commerciales se posent la question avant de se lancer : extraire des coordonnées d’entreprises depuis PagesJaunes, est-ce légal en France ? La réponse est oui, sous conditions précises. Ce guide détaille le cadre juridique applicable, les règles à respecter et les limites à connaître.
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Ce que dit le droit français : une réponse claire pour la prospection B2B
Extraire des fiches d’entreprises depuis PagesJaunes à des fins de prospection commerciale B2B est légal en France, à condition de respecter trois règles fondamentales : la base légale de l’intérêt légitime, l’obligation de transparence envers les personnes contactées, et la mise en place d’un droit d’opposition fonctionnel.
Ce cadre découle du RGPD (article 6(1)(f)), de la position de la CNIL sur la prospection commerciale, et de sa fiche pratique publiée en juin 2025 sur le web scraping. La réutilisation de données issues d’annuaires professionnels est encadrée mais pas interdite.
La nuance essentielle que tout commercial ou responsable marketing doit maîtriser : données publiques ne signifie pas données librement réutilisables. PagesJaunes contient deux catégories de données qui n’obéissent pas aux mêmes règles.
Deux sources PagesJaunes, deux régimes juridiques
Les fiches professionnelles PagesJaunes : cadre B2B applicable
Les fiches d’entreprises (artisans, commerçants, professions libérales, sociétés) contiennent les coordonnées de l’activité professionnelle : numéro fixe de l’établissement, adresse du siège, site web. Ces données peuvent être extraites et utilisées pour la prospection commerciale B2B dans le respect du RGPD, sur la base de l’intérêt légitime.
Les Pages Blanches : données personnelles, règles différentes
Les Pages Blanches référencent des particuliers : nom, prénom, adresse personnelle, numéro de téléphone privé. Ces informations constituent des données personnelles au sens strict du RGPD. Les utiliser pour de la prospection commerciale sans consentement préalable des personnes concernées n’est pas légal.
Cette distinction est le point de départ de toute réflexion juridique sur l’extraction de données depuis PagesJaunes. Confondre les deux catégories est la principale source de non-conformité.
Le cadre RGPD : l’intérêt légitime et ses trois conditions
L’intérêt légitime (article 6(1)(f) du RGPD) permet à une entreprise de traiter des données à caractère personnel sans consentement préalable, lorsque ses intérêts commerciaux sont réels et proportionnés aux droits des personnes concernées. C’est la base légale la plus utilisée en prospection B2B en France, et celle que la CNIL reconnaît explicitement pour ce type de traitement.
Trois conditions cumulatives s’imposent pour que l’intérêt légitime soit valablement invoqué :
Condition 1 : la nécessité et la proportionnalité. L’offre ou le service que vous proposez doit être en rapport avec l’activité professionnelle de l’entreprise contactée. Proposer des équipements électriques à un électricien trouvé sur PagesJaunes : légitime. Lui envoyer une offre sans rapport avec son métier : l’intérêt légitime ne tient plus.
Condition 2 : la transparence dès le premier contact. Vous devez informer le prospect de l’origine de ses données (“Vos coordonnées sont issues de PagesJaunes”), de vos finalités commerciales, et de la possibilité de s’y opposer. Cette obligation découle des articles 13 et 14 du RGPD.
Condition 3 : le droit d’opposition (opt-out) fonctionnel. Chaque communication doit inclure un lien de désinscription accessible en un clic, gratuit, sans justification. L’absence d’opt-out est le premier motif de sanction CNIL en matière de prospection commerciale.
Un exemple concret de sanction : En décembre 2020, la CNIL a infligé une amende de 20 000 € à la société Nestor (livraison de repas) pour avoir envoyé des emails de prospection à des professionnels sans leur consentement. Le motif principal : le service proposé (repas au bureau) était jugé insuffisamment lié à l’activité professionnelle des prospects. L’intérêt légitime a été refusé. Cette décision illustre précisément où se situe la limite.
Ce que vous pouvez faire : extraction de données professionnelles depuis PagesJaunes
Voici les usages légaux de l’extraction de coordonnées depuis les fiches professionnelles PagesJaunes :
- Constituer un fichier de contacts professionnels ciblé par secteur d’activité et zone géographique, pour une offre en rapport avec l’activité de ces entreprises
- Importer ces données dans un CRM pour une prospection par email ou par courrier, avec mention obligatoire de l’origine des données et lien de désinscription
- Mettre à jour régulièrement votre base via des extractions planifiées, pour maintenir la qualité des coordonnées au fil du temps
- Utiliser les coordonnées pour de la prospection téléphonique sur les numéros fixes professionnels, dans le respect des règles en vigueur
Le modèle Octoparse dédié à l’extraction de fiches professionnelles PagesJaunes :
https://www.octoparse.fr/template/pagesjaunes-business-info-scraper
Pour la méthode d’extraction complète : Extraction Pages Jaunes vers Excel : le guide gratuit (sans coder).
Ce que vous ne pouvez pas faire : les limites à respecter
Plusieurs pratiques sortent du cadre légal ou présentent des risques réels :
Extraire les Pages Blanches pour prospecter des particuliers. Les données personnelles des particuliers (Pages Blanches) ne peuvent pas être utilisées pour de la prospection commerciale sans consentement préalable. Cette règle s’applique quel que soit le canal utilisé pour la prospection électronique.
Prospecter hors du champ professionnel du contact. Si l’offre que vous envoyez à un professionnel trouvé sur PagesJaunes n’a aucun lien avec son activité, l’intérêt légitime ne s’applique pas. Comme dans l’affaire Nestor, le régime B2C et son obligation de consentement s’imposent.
Ne pas fournir de mécanisme d’opt-out. Chaque email ou courrier commercial doit permettre au destinataire de se désinscrire facilement. L’absence de ce mécanisme est systématiquement relevée lors des contrôles CNIL.
Conserver les données au-delà de la durée légale. La CNIL fixe à 3 ans la durée maximale de conservation des données d’un prospect inactif. Au-delà, les coordonnées doivent être supprimées ou anonymisées. Ce délai court à compter de la collecte ou du dernier contact.
La loi Bloctel 2026 : ce qui change pour la prospection téléphonique
La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 introduit un changement majeur pour la prospection téléphonique en France. À compter du 11 août 2026 :
- Le démarchage téléphonique non sollicité auprès des consommateurs particuliers sera interdit dans tous les secteurs, sauf consentement préalable explicite ou contrat en cours
- La liste Bloctel (système d’opposition opt-out) cessera ses activités à cette date
- Le modèle bascule de l’opt-out (le particulier devait s’inscrire pour ne plus être contacté) vers l’opt-in (l’entreprise doit prouver que le particulier a consenti à être appelé)
Ce que cela change concrètement pour PagesJaunes :
Cette loi vise la prospection B2C (entreprises vers consommateurs particuliers). Pour la prospection B2B à partir des fiches professionnelles de PagesJaunes (lignes fixes d’entreprises, artisans identifiés par leur activité professionnelle), les règles habituelles du RGPD continuent de s’appliquer.
La vigilance s’impose toutefois pour les numéros mobiles (06 ou 07) présents dans certaines fiches PagesJaunes. Un artisan individuel peut utiliser son mobile personnel pour son activité, mais ce numéro reste celui d’un consommateur au sens de la loi de 2026. Pour tout numéro mobile, vérifiez si l’entreprise a bien une ligne fixe professionnelle et orientez vos campagnes téléphoniques vers ces dernières.
Jusqu’au 11 août 2026 : les numéros issus de vos fichiers de prospection doivent être filtrés via bloctel.gouv.fr avant toute campagne téléphonique. Cette obligation reste pleinement en vigueur jusqu’à la date d’application de la nouvelle loi.
Pour le détail des nouvelles règles : economie.gouv.fr.
Ce que dit la CNIL sur le web scraping d’annuaires professionnels
Le 19 juin 2025, la CNIL a publié une fiche pratique sur la collecte de données par moissonnage (web scraping). Elle y confirme que l’intérêt légitime peut constituer une base légale valide pour la collecte automatisée de données publiquement accessibles en ligne, à condition de respecter plusieurs garanties :
- Minimisation des données : ne collecter que les informations nécessaires à la finalité commerciale poursuivie
- Respect des mécanismes d’opposition techniques (fichiers robots.txt, CAPTCHA)
- Information des personnes sur l’utilisation de leurs données dès le premier contact
- Exclusion des données sensibles de la collecte
Dans le cas spécifique de l’extraction de fiches professionnelles depuis PagesJaunes pour la prospection B2B, ces conditions sont remplissables : les données collectées sont directement liées à l’activité économique des entreprises, la finalité est clairement commerciale et proportionnée, et les mécanismes d’information et d’opposition peuvent être intégrés dans les communications de prospection.
Checklist de conformité RGPD pour votre extraction PagesJaunes
Avant l’extraction :
- Votre extraction porte sur des fiches professionnelles (PagesJaunes entreprises), pas sur les Pages Blanches
- Votre offre ou service est en rapport avec l’activité professionnelle des entreprises que vous allez contacter
- Votre base légale (intérêt légitime) est documentée dans votre registre des traitements
Dans vos communications :
- Chaque message indique l’origine des données (“Vos coordonnées sont issues de PagesJaunes”)
- Un lien de désinscription en un clic est présent et fonctionnel
- Vous traitez les demandes d’opposition sous 24 à 48 heures
Dans votre CRM :
- Les données des prospects inactifs sont supprimées ou anonymisées après 3 ans
- Vous ne utilisez pas les numéros mobiles extraits pour des campagnes téléphoniques sans vérification Bloctel (jusqu’au 11 août 2026)
- Votre registre des traitements est à jour avec la finalité et la durée de conservation
Pour aller plus loin
Ce cadre légal clarifié, voici comment extraire et utiliser concrètement les données PagesJaunes :
- Extraire les coordonnées d’entreprises depuis PagesJaunes :Extraction Pages Jaunes vers Excel : le guide gratuit (sans coder)
- Trouver le numéro de téléphone d’une entreprise spécifique :Comment trouver le numéro de téléphone d’une entreprise avec PagesJaunes
- Comparer PagesJaunes et Google Maps comme sources de données :Annuaire des entreprises en France : PagesJaunes ou Google Maps, lequel choisir en 2026 ?
- Créer votre campagne email depuis vos contacts PagesJaunes :Comment créer un fichier de prospection B2B depuis PagesJaunes (et en faire une campagne email)
FAQ
- Est-il légal d’extraire des données d’entreprises depuis PagesJaunes pour de la prospection B2B ?
Oui. Les coordonnées professionnelles (numéro fixe, adresse d’établissement, site web) des fiches d’entreprises PagesJaunes peuvent être extraites et utilisées pour la prospection commerciale B2B, sur la base de l’intérêt légitime (art. 6(1)(f) du RGPD). Trois conditions s’imposent : l’offre doit être en rapport avec l’activité professionnelle des entreprises contactées, les personnes doivent être informées de l’origine de leurs données dès le premier contact, et un mécanisme d’opposition doit être fourni dans chaque communication.
- Peut-on extraire les données des Pages Blanches pour prospecter des particuliers ?
Non. Les Pages Blanches contiennent des données personnelles de particuliers identifiables. Leur utilisation pour de la prospection commerciale nécessite le consentement préalable des personnes concernées. Cette règle s’applique quelle que soit la technique de collecte utilisée. Les Pages Blanches et les fiches professionnelles PagesJaunes n’obéissent pas au même régime juridique.
- Que dit la CNIL sur le web scraping des annuaires professionnels ?
La CNIL reconnaît dans sa fiche pratique publiée le 19 juin 2025 que le web scraping peut reposer sur l’intérêt légitime pour la collecte de données accessibles publiquement en ligne. Elle impose cependant plusieurs garanties : minimisation des données collectées, respect des mécanismes d’opposition techniques (robots.txt), information des personnes, et exclusion des données sensibles. Dans le cas de l’extraction de fiches professionnelles PagesJaunes pour une prospection B2B ciblée, ces conditions sont compatibles avec une démarche conforme.
- Que change la loi Bloctel du 11 août 2026 pour la prospection depuis PagesJaunes ?
Cette loi interdit le démarchage téléphonique non sollicité des consommateurs particuliers sans consentement préalable. Elle vise principalement la prospection B2C. Pour la prospection B2B à partir des fiches professionnelles PagesJaunes (lignes fixes d’entreprises), les règles habituelles du RGPD continuent de s’appliquer. La vigilance s’impose pour les numéros mobiles (06/07), qui peuvent appartenir à des professionnels aussi protégés en tant que consommateurs. Jusqu’au 11 août 2026, la vérification Bloctel reste obligatoire avant toute campagne téléphonique.
- Combien de temps peut-on conserver des données PagesJaunes dans son CRM ?
La CNIL fixe à 3 ans la durée maximale de conservation des données d’un prospect inactif, à compter du dernier contact ou de la collecte. Au-delà, les coordonnées doivent être supprimées ou anonymisées. Pour les clients actifs, la durée est celle de la relation commerciale augmentée de 3 ans.
- Faut-il indiquer l’origine des données dans ses emails de prospection ?
Oui. La transparence est une obligation légale dans le cadre de l’intérêt légitime (article 14 du RGPD). Dès le premier contact, le destinataire doit être informé de l’origine de ses coordonnées (ex : “Vos coordonnées sont issues de PagesJaunes”), des finalités de la prospection et de son droit de s’y opposer. L’absence de cette mention est régulièrement relevée lors des contrôles CNIL.
- Quelles sanctions risque-t-on en cas de non-conformité ?
Les amendes CNIL peuvent atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial selon le manquement. En pratique, les sanctions les plus fréquentes en matière de prospection portent sur l’absence d’opt-out, la conservation excessive des données au-delà de 3 ans, le défaut de transparence sur l’origine des données, ou la prospection hors du champ professionnel du contact. À partir du 11 août 2026, les infractions aux nouvelles règles sur le démarchage téléphonique sont passibles d’amendes allant jusqu’à 375 000 € pour une personne morale.



