Avant d’extraire quoi que ce soit depuis Google Maps, une question revient systématiquement dans les équipes commerciales et marketing : est-ce que j’ai le droit de faire ça ? La réponse courte est oui, mais avec des conditions précises. La réponse longue, c’est ce guide.
En France, le cadre juridique applicable au web scraping de données professionnelles repose sur trois textes distincts : le RGPD, les fiches pratiques de la CNIL publiées en juin 2025, et les conditions d’utilisation de Google Maps. Ces trois niveaux ne disent pas la même chose, et la confusion entre eux est la source de la plupart des erreurs de conformité.
Les trois niveaux sont analysés ici, avec ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas, et les règles concrètes pour extraire des données Google Maps en restant dans le cadre légal.
Ce que dit le RGPD sur la collecte de données publiques
Le RGPD s’applique aux données à caractère personnel, c’est-à-dire toute information permettant d’identifier directement ou indirectement une personne physique. Une fiche Google Maps d’entreprise contient deux types de données qui n’obéissent pas aux mêmes règles.
| Type de donnée | Exemples | Régime RGPD |
| Données d’entreprise | Nom, adresse, téléphone pro, site web, catégorie, note | Hors champ RGPD (personne morale) |
| Données personnelles liées à l’entreprise | Email nominatif (prenom.nom@), nom du gérant | Soumis au RGPD, base légale requise |
Pour la prospection B2B classique, les données d’intérêt sont principalement dans la première catégorie : adresse, téléphone professionnel, catégorie d’activité, note. Ces données concernent la personne morale, pas la personne physique, et ne sont pas soumises au RGPD. C’est la distinction fondamentale que beaucoup d’équipes ignorent et qui simplifie considérablement la question de la conformité.
Dès qu’on cherche à récupérer des emails nominatifs ou le nom des dirigeants, le RGPD entre en jeu. La base légale mobilisable en B2B est l’intérêt légitime, sous conditions.
La position de la CNIL sur le web scraping : ce que disent les fiches de juin 2025
Le 19 juin 2025, la CNIL a publié deux fiches pratiques importantes sur la collecte de données par web scraping. La fiche disponible sur cnil.fr précise les conditions dans lesquelles le scraping peut reposer sur l’intérêt légitime.
Ce que dit la CNIL, en synthèse : le scraping de données publiques est légal, à condition de respecter un équilibre entre l’intérêt du responsable du traitement et les droits des personnes concernées. Cet équilibre repose sur plusieurs critères.

Les 5 conditions CNIL pour un scraping conforme
- Finalité légitime et nécessaire : le traitement doit poursuivre un objectif réel et proportionné. La prospection commerciale B2B auprès d’entreprises dont l’activité est en lien avec votre offre constitue une finalité légitime reconnue.
- Minimisation des données : ne collectez que les données strictement nécessaires à votre objectif. Pour une campagne de cold call, le téléphone et l’adresse suffisent. Collecter des données personnelles supplémentaires sans utilité précise est contraire au principe de minimisation.
- Respect des mécanismes d’opposition techniques : si un site indique dans son fichier robots.txt que le scraping est interdit, cette restriction doit être respectée. Google Maps n’interdit pas le scraping dans son robots.txt pour les données publiques d’établissements.
- Transparence et droit d’opposition : les personnes dont vous utilisez les données doivent pouvoir exercer leurs droits. En pratique, cela signifie inclure un opt-out dans vos communications commerciales et traiter les demandes de suppression.
- Exclusion des données sensibles : les catégories particulières de données (santé, religion, opinions politiques, etc.) sont exclues du champ de l’intérêt légitime.
Point clé : données d’entreprises vs données personnelles
La CNIL distingue clairement les traitements portant sur des personnes morales (hors champ RGPD) et ceux portant sur des personnes physiques identifiables. Pour Google Maps, les fiches d’établissements commerciaux (nom de l’entreprise, adresse du local, téléphone de l’établissement) relèvent de la première catégorie dans la grande majorité des cas.
Les conditions d’utilisation de Google Maps : ce qu’elles interdisent vraiment
Les conditions d’utilisation de Google Maps interdisent effectivement le scraping automatisé. Cette interdiction est réelle, et il faut la comprendre pour éviter les malentendus.
Ce que les CGU interdisent : utiliser des moyens automatisés pour accéder aux services Google Maps de façon à dépasser les limites prévues ou à contourner les mesures techniques mises en place. Cette interdiction est contractuelle.
Ce que les CGU n’interdisent pas : la réutilisation de données publiques qui ont été collectées sans violer ces conditions techniques. La frontière est subtile mais essentielle.
En droit français, le Conseil d’État et les juridictions civiles reconnaissent de longue date que les données publiquement accessibles ne peuvent pas faire l’objet d’un monopole contractuel absolu. La CNIL elle-même, dans sa fiche de juin 2025, ne conditionne pas la licéité du scraping à l’accord préalable du site source, mais à l’existence d’une base légale RGPD valide et au respect des mécanismes techniques d’opposition.
La conséquence pratique : extraire des données publiques de fiches Google Maps à des fins de prospection B2B peut contrevenir aux CGU de Google tout en restant légal au regard du RGPD et du droit français. Ce sont deux systèmes distincts. La violation des CGU expose principalement à une résiliation du compte Google, pas à des sanctions pénales ou administratives.
Ce que change la loi Bloctel du 30 juin 2025 pour la prospection depuis Google Maps
La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 introduit un changement majeur pour la prospection téléphonique en France. À compter du 11 août 2026, le démarchage téléphonique non sollicité auprès des consommateurs particuliers sera interdit dans tous les secteurs, sauf consentement préalable explicite. Le service Bloctel disparaît à cette date.
Ce changement affecte-t-il la prospection B2B depuis Google Maps ? La réponse dépend de qui vous contactez.
| Type de prospect | Avant le 11 août 2026 | Après le 11 août 2026 |
| Entreprise (ligne fixe pro) | Autorisé avec vérification Bloctel | Autorisé, règles RGPD seules s’appliquent |
| Artisan, profession libérale (ligne mixte) | Vérification Bloctel requise | Prudence : vérifier si la ligne est utilisée à titre personnel |
| Consommateur particulier | Vérification Bloctel requise | Interdit sans consentement préalable explicite |
Pour la prospection B2B classique depuis Google Maps, la loi Bloctel de 2026 ne change pas fondamentalement le cadre : les lignes professionnelles d’entreprises restent prospectables sans consentement préalable, sous réserve de respecter le RGPD (intérêt légitime, droit d’opposition, lien avec l’activité professionnelle).
Le cas des artisans et professions libérales mérite davantage de vigilance : leur numéro Google Maps est souvent leur mobile personnel. Si ce numéro est utilisé à titre privé, la loi Bloctel s’applique après août 2026.
Les règles pratiques pour une collecte conforme
En appliquant les principes du RGPD et la position de la CNIL, voici les règles concrètes à respecter pour extraire des données Google Maps de façon conforme.
Ce que vous pouvez faire
- Extraire les données publiques d’entreprises (nom, adresse, téléphone professionnel, catégorie, note) pour constituer un fichier de prospection B2B ciblé sur votre secteur d’activité.
- Utiliser ces données pour contacter des entreprises dont l’activité est en lien avec votre offre commerciale (principe de pertinence de l’intérêt légitime).
- Conserver les données dans votre CRM pour une durée maximale de 3 ans à compter de la collecte ou du dernier contact, conformément aux recommandations de la CNIL.
- Enrichir le fichier avec des emails génériques (contact@, info@) en visitant les sites web des entreprises.
Ce que vous ne pouvez pas faire
- Contacter des entreprises dont l’activité n’a aucun lien avec votre offre en invoquant l’intérêt légitime. La CNIL a sanctionné ce type de pratique (affaire Nestor, 2020).
- Collecter des emails nominatifs (prenom.nom@) sans mettre en place une information et un mécanisme d’opt-out fonctionnel.
- Conserver des données de prospects inactifs au-delà de 3 ans sans nettoyage ou anonymisation.
- Utiliser les données pour une finalité différente de celle qui justifiait la collecte initiale.
Ce que vous devez mettre en place
- Un mécanisme d’opt-out : chaque communication commerciale doit permettre au destinataire de s’opposer facilement à tout contact ultérieur.
- Une mention de transparence : lors du premier contact, informer le destinataire de l’origine de ses coordonnées (Google Maps) et de la finalité de leur utilisation.
- Un registre des traitements : documenter la collecte Google Maps comme traitement de données dans le registre RGPD de votre organisation (obligatoire pour les entreprises de plus de 250 salariés, recommandé pour toutes).
Le cas particulier de Google Maps : données publiques et attentes raisonnables
La CNIL précise dans sa fiche de juin 2025 que l’évaluation de la légitimité du scraping doit tenir compte des attentes raisonnables des personnes concernées. Pour Google Maps, cet élément joue en faveur de la conformité.
Une entreprise qui crée ou revendique une fiche Google Business Profile le fait délibérément pour être visible et trouvée. Les informations qu’elle y publie (adresse, téléphone, horaires, catégorie d’activité) sont mises en ligne dans le but explicite d’être contactée par des clients et des partenaires potentiels. Un dirigeant qui liste son entreprise sur Google Maps peut raisonnablement s’attendre à ce que ces données soient réutilisées à des fins commerciales.
Cette logique est différente de celle d’un réseau social où des informations personnelles sont partagées dans un contexte privé ou semi-privé. C’est pourquoi Google Maps est, parmi les sources de données en ligne, l’une des plus favorables à une utilisation pour la prospection B2B conforme au RGPD. Pour les équipes commerciales qui cherchent à poser les bases d’une collecte de données Google Maps légale et reproductible, c’est le point de départ le plus solide.
Outils de collecte et conformité
Tous les outils de web scraping ne se valent pas du point de vue de la conformité. Quelques critères à vérifier avant de choisir un outil pour extraire des données Google Maps.
- Hébergement des données : un outil qui héberge les données extraites en dehors de l’UE peut poser des problèmes de transfert hors UE sous le RGPD.
- Journalisation des extractions : pouvoir documenter quand et comment les données ont été collectées est utile en cas de contrôle.
- Minimisation intégrée : choisir uniquement les champs utiles à votre finalité, pas l’ensemble des données disponibles.
Octoparse est un outil nocode de web scraping qui permet de sélectionner précisément les champs à extraire, ce qui facilite l’application du principe de minimisation dans la pratique. Pour un guide complet des options disponibles : comparatif des outils pour scraper Google Maps
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Extraire des données Google Maps en pratique : par où commencer
Si vous avez confirmé que votre cas d’usage entre dans le cadre légal décrit ci-dessus, voici le point de départ le plus direct pour constituer un fichier de prospection B2B conforme depuis Google Maps.
Le modèle Leads Scraper d’Octoparse extrait nom, adresse, téléphone, catégorie et note des établissements correspondant à votre recherche :
https://www.octoparse.fr/template/google-maps-scraper-store-details-by-keyword
Pour un guide complet sur la constitution d’un fichier de prospection B2B depuis Google Maps, avec les étapes de qualification et d’enrichissement : fichier de prospection Google Maps : méthode pas à pas
FAQ
- Extraire des données Google Maps est-il légal en France ?
Oui, pour les données publiques d’établissements professionnels (nom, adresse, téléphone, catégorie, note). Ces données concernent des personnes morales et ne sont pas soumises au RGPD. Pour les données personnelles (emails nominatifs, noms de dirigeants), la collecte reste possible mais doit reposer sur l’intérêt légitime et respecter les droits des personnes concernées.
- Le RGPD interdit-il le scraping de Google Maps ?
Non. La CNIL a précisé dans ses fiches pratiques de juin 2025 que le scraping de données publiques peut reposer sur l’intérêt légitime, sous conditions. Ces conditions incluent la minimisation des données, le respect des mécanismes d’opposition techniques, et la mise en place d’un droit d’opposition pour les personnes concernées.
- Les conditions d’utilisation de Google Maps interdisent le scraping : est-ce un problème ?
Les CGU de Google interdisent le scraping automatisé, mais cette interdiction est contractuelle et non pénale. Elle peut exposer à une résiliation de compte Google, pas à des sanctions RGPD. En droit français et européen, les données publiques ne peuvent pas être monopolisées par des conditions contractuelles contraires au droit de la concurrence.
- Peut-on utiliser des emails extraits de Google Maps pour de la prospection ?
Les emails génériques (contact@, info@) rattachés à une entreprise sont utilisables pour la prospection B2B sous réserve d’un lien avec l’activité professionnelle du destinataire et de la mise en place d’un opt-out. Les emails nominatifs (prenom.nom@) sont des données personnelles soumises au RGPD : leur utilisation requiert une base légale explicite et une mention de transparence dès le premier contact.
- Combien de temps peut-on conserver des données Google Maps dans son CRM ?
La CNIL recommande une durée maximale de 3 ans à compter de la collecte ou du dernier contact pour les données de prospects inactifs. Au-delà, les données doivent être supprimées ou anonymisées. Pour les prospects actifs, la durée est celle de la relation commerciale.
- La loi Bloctel de 2025 change-t-elle les règles pour la prospection B2B depuis Google Maps ?
Pour les entreprises et leurs lignes professionnelles, non. La loi du 30 juin 2025, qui entre en vigueur le 11 août 2026, interdit le démarchage téléphonique non sollicité auprès des consommateurs particuliers, pas auprès des entreprises. La prospection téléphonique B2B reste autorisée, sous réserve de respecter le RGPD et le critère de pertinence de l’intérêt légitime.
- Qu’est-ce que l’intérêt légitime en RGPD et quand s’applique-t-il au scraping ?
L’intérêt légitime est une base légale du RGPD (article 6(1)(f)) qui permet de traiter des données personnelles sans consentement, à condition que l’intérêt du responsable du traitement soit réel, nécessaire et proportionné par rapport aux droits des personnes. Pour le scraping B2B, cela signifie concrètement : l’offre commerciale doit avoir un lien avec l’activité professionnelle de la personne contactée, et un droit d’opposition fonctionnel doit être mis en place.
- Un artisan trouvé sur Google Maps peut-il être prospecté par téléphone après août 2026 ?
Avec prudence. Si le numéro listé sur Google Maps est une ligne professionnelle dédiée, la prospection reste autorisée dans le cadre B2B. Si ce numéro est un mobile utilisé aussi à titre personnel, la loi Bloctel de 2026 peut s’appliquer. En cas de doute, privilégiez le contact par email professionnel ou courrier.
- Comment un prospect peut-il exercer son droit d’opposition à l’utilisation de ses données extraites de Google Maps ?
Toute personne dont les données ont été collectées par scraping peut exercer son droit d’opposition au titre de l’article 21 du RGPD. En pratique, cela signifie que vos communications commerciales doivent inclure un moyen simple de se désinscrire (lien d’opt-out dans un email, mention dans un courrier). Une fois l’opposition reçue, les données de la personne concernée doivent être supprimées de votre fichier dans un délai raisonnable et ne plus être utilisées à des fins de prospection.
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